mercredi 14 mars 2012

Les paradis de Strasbourg*

Pendant les vacances, l'hispanophone que je suis a enfin mis les pieds à l'Est. Destination Strasbourg, grande ville assoiffée de culture dont le centre est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO. Le soleil avait répondu présent en ce début mars. Les rues me sont apparues à la fois animées et paisibles. Régnait une ambiance internationale sur les rives de l'Ill. Histoire, art de vivre et gastronomie : voilà le trio gagnant de Strasbourg. Ce qui n'est pas pour me déplaire...

L'Ill

CULTURE
Le mime Marceau, Arsène Wenger, Blutch, Éliette Abécassis ou encore Mehdi Baala sont nés ici. Bon, c'est vrai, j'aurais aussi pu mentionner Herbert Léonard et M. Pokora. Mais la personnalité locale qui a vraiment joué un rôle dans mon envie de découvrir la cité se nomme Tomi Ungerer. Adulé aux Etats-Unis, multi-primé et décoré en Europe, le dessinateur s'est dit fier et ému que Strasbourg lui consacre un musée depuis 2007. Encore trop méconnu du grand public français selon moi, l'auteur rencontre pourtant un franc succès auprès des enfants. Ainsi Tornadou est fan de Émile, Orlando ou encore Les Trois Brigands.

Alors, ce Musée Tomi Ungerer-Centre international de l'Illustration, me direz-vous ? Assez petit finalement mais agréable, sur trois niveaux. J'y ai découvert les œuvres érotiques de l'artiste, très réussies, et ai beaucoup apprécié les dessins d'André François et de Françoise Hollenstein (Pierre et le Loup) à l'occasion de l'expo temporaire (jusqu'au 31 juillet 2012) Des Illustrateurs au XXe siècle.
Juste en face se situe le célèbre Théâtre National de Strasbourg avec son café pour une pause un peu au nord de la grande île.

Entrée du musée Tomi Ungerer

Autre musée qui vaut le détour et fait d'ailleurs parfois écho à Tomi Ungerer : le MAMCS. Un peu comme à la Tate Gallery, les œuvres sont rassemblées par thème et non par époque. Autant cela m'avait déconcertée à Londres, autant j'ai trouvé le concept très fluide ici. Le lieu, l'accueil, la collection, tout est appréciable. Gustave Doré côtoie Monet, Ernst, Picasso ou encore Aurélie Nemours. Bref, une visite que je vous recommande vivement.

Couloirs du MAMCS

Connaissez-vous Lottie Davies ? Lors de mon séjour alsacien, cette jeune photographe anglaise exposait Memories and Nightmares, une dizaine de clichés à la galerie La Chambre. J'aime sa façon de traiter les couleurs, de mettre en scène, de déranger tout en conservant un fort esthétisme. J'ai même beaucoup hésité à investir dans l'une de ses photographies. Et puis mon compte en banque m'a rappelée à l'ordre. Dommage.
http://lottiedavies.com

©Lottie Davies

PATRIMOINE
• Parler de Strasbourg sans nommer sa cathédrale et l'horloge astronomique, c'est un peu comme manger de la choucroute garnie sans saucisse... Dieu sait combien je suis généralement imperméable à l'art gothique. Pourtant je dois m'incliner devant tant de gigantisme et d'ornements. C'est impressionnant, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur.

La cathédrale

Un mécanisme de l'horloge astronomique

• Que de charme dans La Petite France ! Comme tout touriste qui se respecte, j'ai admiré ce quartier bâti à fleur d’eau et composé de superbes maisons à colombage (XVIe et XVIIe siècles). Pittoresque à souhait.

La Petite France

GASTRONOMIE
On mange bien à Strasbourg. Car les Alsaciens aiment la bonne chère, cultivent plus que d'autres le plaisir de se réunir au restaurant. Et n'oublions pas que Pierre Hermé a vu le jour à Colmar, tout près de la capitale européenne...
Quelques coups de cœur :
- le resto La Cambuse (1 étoile au guide Michelin) : cuisine de la mer aux accents asiatiques. Ex : ravioles vapeur comme à Canton, rouleaux d’algues nori au saumon et au crabe façon sushis, bar thaï au lait de coco cuit en feuille de bananier, thon mi-cuit au saté... C'est fin, net et précis. Tellement parfumé. Le client réalise un véritable voyage, attablé dans ce minuscule cocon en bois conçu pour rappeler une cabine de bateau.
La Cambuse 1 Rue des Dentelles 67000 Strasbourg Tél : 03 88 22 10 22

La Cambuse

- la pâtisserie Thierry Mulhaupt : viennoiseries, chocolats, tartes... Tout est délicieux avec parfois une vraie pointe d'originalité !
www.mulhaupt.fr
- La Corde à Linge : Déco, ambiance, accueil, carte, terrasse, vue... C'est un ensemble harmonieux que j'ai apprécié dans cet établissement où je me suis sentie très à l'aise. Pas de la grande gastronomie, des plats simples qui fonctionnent à merveille.
www.lacordealinge.com

Terrasse de La Corde à Linge

Quelques déceptions : le brunch de Bistrot & Chocolat (riquiqui, un peu fade et pas très en phase avec les fruits et légumes de saison) et surtout un hôtel-restaurant dans lequel j'avais fondé beaucoup d'espoir, Chut (bonne crème de chou-fleur en entrée, cadre moins bien que ce que j'espérais mais pas mal, en revanche je préfère oublier le risotto-paella, la crème brulée au chocolat, l'accueil et le non choix de vins).

BONS PLANS
- shopping : la géniale boutique cadeaux déco Mémé en Autriche,
- apéro : le café culturel L'Artichaut que j'imaginerais sans mal à Berlin,
- lecture : le magazine lifestyle de mes rêves, Zut,
- web : le blog local qui m'a beaucoup aidé sur place, beaualalouche.canalblog.com

Mémé en Autriche

Pour une prochaine fois : les institutions européennes et le parc de l'Orangerie (au nord est du centre ville), le restaurant Umami (ouvert seulement le soir, sauf le samedi midi, et pour un seul service, donc résa indispensable ! Fermé le dimanche)...

Bye bye jolie ville, belle gare !

*Sondage : Avez-vous compris mon titre au jeu de mots bidon ?!!!

lundi 27 février 2012

Le Michelin 2012 et ses fortune cookies

A quelques jours du 1er mars, date de sa sortie en librairie, le nouveau guide Michelin a révélé son palmarès 2012 : 594 restaurants étoilés dont 485 une étoile (58 nouveaux) – 83 deux étoiles (10 nouveaux) et 26 trois étoiles (1 nouveau). Commençons par ce dernier car c'est l'événement au plan national : Emmanuel Renaut de Flocons de Sel à Megève décroche une 3e étoile. Les critiques sont unanimes ; cette consécration semble méritée.

EN POITOU-CHARENTES
J'en profite pour vous dévoiler la photographie 2012 du paysage gastronomique picto-charentais.

2 ÉTOILES
• Richard et Christopher Coutanceau à La Rochelle (cuisine d'une grande maîtrise mais très classique, du moins à l'époque où j'y suis allée, c'est à dire il y a plusieurs années - superbe vue sur la mer)

Au menu de La Table de Marion à Saintes

1 ÉTOILE
La Ribaudière à Bourg-Charente (16) - Chef : Thierry Verrat (a souvent d'excellentes idées mais peut parfois tomber dans quelques facilités - déco design osée et réussie)
L'Aquarelle à Breuillet (17) - Chef : Xavier Taffart (cf ci-après)
• NOUVEAU : La Table de Marion à Saintes (17) - Chef : Marion Monnier (cf ci-après)
• NOUVEAU : Le Saint-Fortunat à Neuville de Poitou (86) - Chef : Fabien Dupont (cf ci-après)
La Cédraie au Château de Curzay (86) - Chef (nouveau) : Grégory Mirer (légère déception dans l'assiette en 2011 malgré un lieu enchanteur)
Passions et Gourmandises à Saint-Benoît (86) - Chef : Richard Toix (mon chouchou donc je ne suis pas objective !)

Dans l'assiette au Saint-Fortunat de Neuville-de-Poitou

Christophe Cadieu a fermé son restaurant 1 étoile à Saint-Savin (86) fin 2011. Heureusement la percée du Saint-Fortunat (dont je vous ai déjà parlé en 2007) permettra aux fines gueules de la Vienne de se consoler. Bravo à Fabien Dupont !
Toujours pas d'étoilé dans les Deux-Sèvres, pas de changement en Charente mais ENFIN la reconnaissance du talent, de l'audace et de la créativité de Marion Monnier en Charente-Maritime. Cela fait trois ans que je vous dis que La Table de Marion mérite cette étoile !
Mon bilan personnel ? J'ai eu la chance de déjeuner ou dîner chez tous ces restaurateurs... ou presque. Car si je ne connais pas encore L'Aquarelle près de Royan, j'ai pu goûter à l'occasion d'événements certains plats phares du très doué Xavier Taffart.

MES COUPS DE CŒUR EN FRANCE
Parmi les 3 étoiles, j'ai presque honte d'avouer que j'ai déjà foulé le sol de quatre établissements encore en activité : La Côte Saint-Jacques (mais à l'époque de ses 2 étoiles), Alain Ducasse (époque Poincaré : ma première expérience de ce standing, inoubliable), Guy Savoy (moderne, conceptuel et surtout parfait) et plus récemment le magicien Bras à Laguiole (lire ICI).

Parmi les 1 étoile qui se maintiennent, j'avais beaucoup aimé en 2009 L'Auberge Basque à Saint-Pée-sur-Nivelle. Et en 2011, mon coup de foudre se nomme sans conteste Éric Guérin de La Mare aux Oiseaux. Selon moi, cette table non loin de Nantes mériterait d'ores et déjà une 2e étoile...

Éric Guérin de la Mare aux Oiseaux

Comme un fait exprès vendredi prochain, Running Doudou, Tornadou et moi allons tester le Shang Palace (75016) qui vient de se voir décerner 1 étoile par le guide rouge. En réservant il y a quelques semaines, nous ne savions pas du tout que ce restaurant de cuisine chinoise serait récompensé. Le but est bien sûr de nous rappeler les goûts de la province où nous avons séjourné tous les trois il y a un an. Cerise sur le gâteau : Frank Xu, le chef qui y sublime les spécialités traditionnelles de Canton, est originaire de Shenzhen près de Hongkong, comme Tornadou...

Pour consulter le palmarès complet du guide Michelin 2012, c'est en pdf et c'est ICI (merci François Simon).

Shang Palace (75016) ©Shangri-La Hotel

mardi 21 février 2012

Poitiers 2012, carnaval blanc

Tornadou en Capitaine Crochet

Aujourd'hui s'est tenu le carnaval poitevin. Une véritable institution désormais grâce à l'association Poitiers Jeunes. Thème 2012 : le blanc. Peut-être davantage un concept d'adultes que d'enfants pour être véritablement suivi, mais bon, on ne va pas chipoter. Tornadou est passé outre, s'est déguisé en capitaine Crochet et puis c'est tout. Running Doudou a failli s'inspirer de Woody Allen puis s'est ravisé... Toutefois, comme il est très en verve ces temps-ci, je vous recommande son dernier tweet, à lire ICI.



Je dois avouer que j'avais préféré le spectacle bleu de l'an dernier, notamment grâce à l'intervention de la Cie Pipototal et au charme de la marionnette géante de Benoît Mousserion (que l'on a d'ailleurs retrouvée avec bonheur cette année devant Notre-Dame-la-Grande). Mais l'ambiance était bien là et c'est tout de même le principal lors de ce genre de manifestations. Si le succès se mesure au nombre de confettis sur le sol, alors ça promet !
Pour cause de "couvre-feu" lié à l'école demain, j'ai raté potée et crémation du "bonhomme Carnaval". Je compte sur vous pour me raconter...

PS : Si je me réfère à la trilogie cinématographique Trois Couleurs : Bleu - Blanc - Rouge, le thème 2013 sera le rouge. On parie ?

A gauche : la marionnette géante 2011










Billets sur le même sujet :
Carnaval de Poitiers édition 2011
Carnaval de Poitiers édition 2008

lundi 20 février 2012

Running Doudou fait son bilan de Poitiers enneigé : Serial Winter 2012

Ça y est. La neige a fondu.
On ressort les shorts, les marcels et les sandales.
On a chaud, c'est la fête.

Le temps est donc venu de faire un bilan de cet épisode neigeux.
En images et sous forme d'hommage aux séries : c'est mon Serial Winter.







Et en bonus exclusif, une vidéo : Blair Witch 4, Poursuite dans la neige.
Cliquez sur l'image ci-dessous pour la visionner :

Musique : Le Vide, par K-ïman.


Allez, j'y vais, j'ai footing.

Running Doudou.

vendredi 10 février 2012

Mon mémorable déjeuner Chez Boulette (87300)

Les fidèles de ce blog le savent, je suis originaire du Limousin. Mes grands-parents et une partie de la famille y habitent toujours. J'ai moi-même vécu jusqu'à 13 ans au Dorat.

Alors depuis des années, j'entends parler de Chez Boulette. D'après un pharmacien de Bellac : "Il faut y avoir déjeuné au moins une fois dans sa vie !". Banco. Octobre 2011, c'est décidé, direction le Haut-Limousin et les monts de Blond.


Pépé, mémé, Tornadou, Running Doudou et surtout moi : tout le monde rêve déjà en chemin à la fameuse terrine du restaurateur. Selon mémé, une légende urbaine raconte que Jean-Claude alias Boulette y ajoute de la viande de ragondin pour le goût ! Peu m'importe, je peux vous assurer que ce pâté maison vous fera grimper au plafond. Le plat restant sur la table, Tornadou et moi en avons repris deux fois !

C'est sûr que nous avions moyen faim pour la suite. Pourtant nous avons enchaîné avec la salade périgourdine (bons gésiers, foie gras et magret de canard) et le gratin dauphinois sans chichi (comme tout ici) mais hyper fondant. Les fans de viande rouge saignante ont particulièrement apprécié le tendrissime rôti de bœuf.


A l'heure du fromage, Mme boulette pose le plateau et son couteau au milieu des convives. Chacun se sert à la bonne franquette. Idem pour la bouteille de vin de pays. En apéro, nous avons testé un kir au Birlou (liqueur auvergnate à base de pomme et de châtaigne) : original et pas mal. Et pour le dessert, il était proposé ce jour-là un gâteau génoise-crème-fruits. Typiquement le genre de pâtisserie que je déteste en principe. Pourtant j'ai goûté, car j'étais chez Boulette quand même ! Figurez-vous que c'était bon, à tel point que j'ai fini mon assiette.

Ce resto ouvrier doit son succès à la qualité et à la générosité de sa cuisine traditionnelle bien sûr, mais également à l'ambiance "comme à la maison" qui y règne. Ici tout le monde se connaît. Certains parlent encore patois, comme mes grands-parents. Aux murs : photos d'animaux, chapeau en crochet orné de petites fleurs, éventail géant à l'effigie d'un Indien d'Amérique... Ce décor kitsch à souhait instaure aussitôt une convivialité non feinte. Avec pépé, mémé, Tornadou et Running Doudou, on a déjà prévu d'y revenir en été. La salle est climatisée et la terrasse au cœur de la vie villageoise.

Chez Boulette
1 Place de l'église 87300 Blond
Tél : 05 55 68 83 82

Ouvert tous les jours le midi.
Le soir sur réservation, sauf le jeudi.
Menus de 12 € à 17 €. Menu enfant : 7 €.
Plat du jour : 7 € (formule express : 8,50 €)

Si vous décidez d'y faire un tour, tout d'abord, vous m'en direz des nouvelles ! Ensuite, je vous recommande une visite plus approfondie des monts de Blond, cet îlot montagneux au milieu de la verte campagne environnante. Sans oublier Mortemart, classé parmi les plus beaux villages de France.

J'ai également beaucoup apprécié Montrol-Sénard, à 40 km au nord de Limoges. Cette bourgade typique joue à fond "la nostalgie rurale". C'est d'ailleurs le nom du parcours qui permet de remonter le temps et de se (re)plonger dans la vie des habitants au début du XXe siècle. Des lieux authentiques ont été conservés et restaurés intelligemment : la maison et son étable, le fournil de la ferme, le lavoir, l'école communale, le toit à cochons et à poules, le bûcher, le grenier, l'atelier du sabotier, l'atelier du cordonnier... Et à côté du four à pain rayonne la belle expo photos Los Monteros qui réunit les portraits noir et blanc des autochtones actuels. Une offre touristique intergénérationnelle !
Parcours gratuit - Ouvert du 1er mai au 11 novembre
Renseignements : 05 55 60 46 82
Reportage très sympathique de Demain TV sur le sujet, à visionner ICI.

Nostalgie rurale
Le lavoir de Montrol-Sénard

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Limousin : La Maison de Compostelle à Saint-Léonard-de-Noblat
Resto ouvrier à La Rochelle : La Taverne de Tasdon