CULTURE
Le mime Marceau, Arsène Wenger, Blutch, Éliette Abécassis ou encore Mehdi Baala sont nés ici. Bon, c'est vrai, j'aurais aussi pu mentionner Herbert Léonard et M. Pokora. Mais la personnalité locale qui a vraiment joué un rôle dans mon envie de découvrir la cité se nomme Tomi Ungerer. Adulé aux Etats-Unis, multi-primé et décoré en Europe, le dessinateur s'est dit fier et ému que Strasbourg lui consacre un musée depuis 2007. Encore trop méconnu du grand public français selon moi, l'auteur rencontre pourtant un franc succès auprès des enfants. Ainsi Tornadou est fan de Émile, Orlando ou encore Les Trois Brigands.
Alors, ce Musée Tomi Ungerer-Centre international de l'Illustration, me direz-vous ? Assez petit finalement mais agréable, sur trois niveaux. J'y ai découvert les œuvres érotiques de l'artiste, très réussies, et ai beaucoup apprécié les dessins d'André François et de Françoise Hollenstein (Pierre et le Loup) à l'occasion de l'expo temporaire (jusqu'au 31 juillet 2012) Des Illustrateurs au XXe siècle.
Juste en face se situe le célèbre Théâtre National de Strasbourg avec son café pour une pause un peu au nord de la grande île.
Autre musée qui vaut le détour et fait d'ailleurs parfois écho à Tomi Ungerer : le MAMCS. Un peu comme à la Tate Gallery, les œuvres sont rassemblées par thème et non par époque. Autant cela m'avait déconcertée à Londres, autant j'ai trouvé le concept très fluide ici. Le lieu, l'accueil, la collection, tout est appréciable. Gustave Doré côtoie Monet, Ernst, Picasso ou encore Aurélie Nemours. Bref, une visite que je vous recommande vivement.
Connaissez-vous Lottie Davies ? Lors de mon séjour alsacien, cette jeune photographe anglaise exposait Memories and Nightmares, une dizaine de clichés à la galerie La Chambre. J'aime sa façon de traiter les couleurs, de mettre en scène, de déranger tout en conservant un fort esthétisme. J'ai même beaucoup hésité à investir dans l'une de ses photographies. Et puis mon compte en banque m'a rappelée à l'ordre. Dommage.
http://lottiedavies.com
PATRIMOINE
• Parler de Strasbourg sans nommer sa cathédrale et l'horloge astronomique, c'est un peu comme manger de la choucroute garnie sans saucisse... Dieu sait combien je suis généralement imperméable à l'art gothique. Pourtant je dois m'incliner devant tant de gigantisme et d'ornements. C'est impressionnant, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur.
• Que de charme dans La Petite France ! Comme tout touriste qui se respecte, j'ai admiré ce quartier bâti à fleur d’eau et composé de superbes maisons à colombage (XVIe et XVIIe siècles). Pittoresque à souhait.
GASTRONOMIE
On mange bien à Strasbourg. Car les Alsaciens aiment la bonne chère, cultivent plus que d'autres le plaisir de se réunir au restaurant. Et n'oublions pas que Pierre Hermé a vu le jour à Colmar, tout près de la capitale européenne...
Quelques coups de cœur :
- le resto La Cambuse (1 étoile au guide Michelin) : cuisine de la mer aux accents asiatiques. Ex : ravioles vapeur comme à Canton, rouleaux d’algues nori au saumon et au crabe façon sushis, bar thaï au lait de coco cuit en feuille de bananier, thon mi-cuit au saté... C'est fin, net et précis. Tellement parfumé. Le client réalise un véritable voyage, attablé dans ce minuscule cocon en bois conçu pour rappeler une cabine de bateau.
La Cambuse 1 Rue des Dentelles 67000 Strasbourg Tél : 03 88 22 10 22
- la pâtisserie Thierry Mulhaupt : viennoiseries, chocolats, tartes... Tout est délicieux avec parfois une vraie pointe d'originalité !
www.mulhaupt.fr
- La Corde à Linge : Déco, ambiance, accueil, carte, terrasse, vue... C'est un ensemble harmonieux que j'ai apprécié dans cet établissement où je me suis sentie très à l'aise. Pas de la grande gastronomie, des plats simples qui fonctionnent à merveille.
www.lacordealinge.com
Quelques déceptions : le brunch de Bistrot & Chocolat (riquiqui, un peu fade et pas très en phase avec les fruits et légumes de saison) et surtout un hôtel-restaurant dans lequel j'avais fondé beaucoup d'espoir, Chut (bonne crème de chou-fleur en entrée, cadre moins bien que ce que j'espérais mais pas mal, en revanche je préfère oublier le risotto-paella, la crème brulée au chocolat, l'accueil et le non choix de vins).
BONS PLANS
- shopping : la géniale boutique cadeaux déco Mémé en Autriche,
- apéro : le café culturel L'Artichaut que j'imaginerais sans mal à Berlin,
- lecture : le magazine lifestyle de mes rêves, Zut,
- web : le blog local qui m'a beaucoup aidé sur place, beaualalouche.canalblog.com
Pour une prochaine fois : les institutions européennes et le parc de l'Orangerie (au nord est du centre ville), le restaurant Umami (ouvert seulement le soir, sauf le samedi midi, et pour un seul service, donc résa indispensable ! Fermé le dimanche)...

































